Quand la colère contre la DPJ finit par nous coller à la peau.
Depuis quelques mois (ou années), je trouve l’actualité autour de la DPJ difficile à regarder.
Comme mère et belle-mère de 6 enfants, certaines histoires me glacent le sang parce que je sais qu’il existe vraiment des erreurs. Des décisions discutables. Des familles qui ont été profondément blessées par le système.
Et comme famille d’accueil de 6 autres enfants, il y a une autre réalité qui me frappe.
Quand l’opinion publique se retourne contre la DPJ, une partie de cette colère finit par nous coller à la peau.
Parce que l’enfant dont tout le monde parle…
celui qui est déraciné de sa famille.
C'est l’enfant au centre d’une décision contestée.
Comme l’enfant qui subit tout ce qui ne fonctionne pas dans le système…
il se retrouve souvent chez nous.
Mais ce n’est pas nous qui avons décidé qu’il devait être placé.
On a pas enquêté sur sa famille, ça prend des compétences très. précises.
On a pas rendu le jugement non plus.
Encore moins déterminé l’orientation clinique pour l'avenir de cet enfant.
Notre rôle commence après.
Notre mandat, c’est d’offrir un milieu de vie à un enfant pendant que des parents souffrent et que des décisions beaucoup plus grandes que nous se prennent.
Et je pense que c’est important de le rappeler aujourd’hui.
Oui le système doit être questionné et reconfiguré à partir des recommandations de la commission Laurent.
Oui certaines familles ont été victimes d’erreurs.
Et en même temps, OUI certains enfants ont besoin d’être protégés et sortis de leur maison familiale.
Toutes ces réalités peuvent exister en même temps.
Ce que je refuse, c’est qu’on transforme encore une fois un problème extrêmement complexe en deux camps qui se crient après.
Qu'on mette les familles d'accueil DPJ dans le même bateau que le système en entier.
Parce qu’au milieu de tout ça, il reste un enfant qui vivra chez nous.
Je vais aimer et protéger le jeune peu importe les préjugés à mon sujet.
Parce que je suis une RTF qui essaie simplement de lui offrir un endroit où vivre pendant que les adultes autour de lui débattent de ce qui aurait dû arriver.
Geneviève, RTF et fondatrice
Tendrement Fortes